Lycée Joliot Curie 92000 Nanterre

EAF 2016

1ST2S2

Séquence nº 2: le héros de roman et son mentor

 

Devoir surveillé

Conception: et correction: M.. Wattremez

 

Question sur corpus nº 2 -corrigé

 

Après avoir lu attentivement les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante de façon organisée et synthétique.

Dans le texte D, comment la relation du mentor et du disciple est-elle complètement inversée? (3 points) 

Ce corrigé général est donné à titre indicatif. Il ne remplace pas les annotations sur la copie personnelle de l'élève, ni les conseils prodigués en cours ou en accompagnement personnalisé.

 

En 1959, en pleine Nouvelle vague du cinéma français et aux débuts de la société de consommation, on assiste à une espèce de prise de pouvoir des adolescents, à une remise en cause des modèles éducatifs traditionnels. Ainsi chez Queneau Zazie fait irruption dans la littérature de manière non conventionnelle, comme un disciple rebelle qui enfreint toutes les règles. La « mouflette » en arrive finalement à supplanter le mentor qu’est l’oncle Gabriel. Il y a donc retournement complet de l’image du mentor et de sa relation avec l’élève.

Ce renversement a lieu de plusieurs points de vue.

D’abord par rapport à la soumission. En effet Zazie commande, Gabriel exécute. Il s’agit du personnage de l’enfant terrible. Traditionnellement le maître interroge, l’élève répond. Ici c’est le contraire. La fillette veut apprendre non pas des notions abstraites mais le monde des grands, notamment l’orientation sexuelle de Gabriel : « tu m’as pas encore espliqué si tu étais hormosessuel ». Elle s’entête ; elle n’en démord pas et jusqu’à la fin du passage relance l’adulte : « On y répond pas ? », « Tu répondras avant », « Faudra bien. »

Ce renversement se produit aussi par rapport aux bonnes règles du langage et du comportement. Zazie les enfreint sans cesse. D’ailleurs la « bourgeoise » (la veuve Mouaque dans le roman) rectifie le tir et rappelle les bonnes manières : « La violence, ma petite chérie, doit toujours être évitée dans les rapports humains ». Zazie, quant à elle, pour le plus grand plaisir du lecteur, se lance dans une série de gros mots et de vulgarités qui choquent la bourgeoise. Tous ses commentaires et observations (traditionnellement un privilège de mentor) sont ponctués d’un « mon cul » qui annule et ridiculise la pensée.

Enfin Zazie monopolise la parole. Elle se comporte en tyran et en despote, joignant le geste violent à la parole, quand elle pince les fesses de Gabriel par exemple. Celui-ci redevient enfant. D’ailleurs c’est Gabriel qui saute à la marelle, à cloche-pied.

On a ici encore la confirmation qu’avec les personnages burlesques de Zazie et de tonton Gabriel se produit un renversement complet des rôles traditionnels de mentor et de disciple, pour l'amusement du lecteur.

 

Les bons fils

On ne présente plus le corpus car c'est déjà fait dans la réponse à la première question.

Le premier paragraphe répond à la question précise mais sans développement.

Second paragraphe qui annonce une série d'explications sur ce renversement de la relation entre le mentor et son disciple.

Paragraphes 3-4-5: on détaille la réponse dans un ordre logique: par rapport à la soumission, puis au langage et au comportement de l'élève, enfin par rapport à la monopolisation de la parole.

Dernier paragraphe à valeur conclusive et résumative; on insiste sur l'aspect humoristique et satirique de ce renversement des rôles.

La réponse est organisée et synthétique. L'utilisation des paragraphes facilite la lisibilité du texte.

 

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